J'en ai marre mais je gère par Hélène Cédille
- Julie Joannès
- il y a 3 jours
- 2 min de lecture
Le livre "J'en ai marre mais je gère" de Hélène Cédille, un roman fort, émouvant, sensible, touchant m'a plongé dans un passé que j'ai trop bien connu : les pensées noires, les envies suicidaires.
La différence nette et profonde entre mon passé et cette histoire est que Sandrine, elle, l'a fait, après avoir porté pendant des années une vie familiale, un amour dérisoire, des enfants, des amitiés nulles.
Sandrine aurait pu être tant de femmes qui ne sont pas frappée par leur maris ni injuriés mais qui sont tout de même victime de violences, puisque la charge mentale que j'ai lu, que d'autres femmes vivent pour de vrai, existe.
Ce roman a confirmé mes pensées : nous expliquons à qui veut bien l'entendre que les droits des femmes ont évolués, nous avons le droit d'ouvrir un compte bancaire, d'habiter seule, de divorcer, mais nous sommes toujours dépendante du système : nous devons entretenir le foyer, s'occuper des enfants, faire les courses, tout en travaillant, nous rendre désirable pour l'être aimé, respecter sa distance, mais qu'en est-il des distances pour la femme ? Qu'en est-il de ses besoins ?
Le roman s'ouvre sur Laura, qui essaye de faire son deuil de sa mère, Sandrine. Puis, elle trouvera le carnet de Sandrine, où l'on pourra suivre pendant une décennie la vie de Sandrine : l'amour, les enfants, le foyer, le travail, les amitiés.
Ce roman aborde de manière romancée la charge mentale, la réalité de ce que plusieurs milliers de femmes vivent et met en lumière une problématique sociétale : l'égalité homme-femme. Au delà des salaires, la femme se pliera toujours plus que l'homme, fera plus, parce qu'il faut, parce que si elle le fait pas, qui le fera ?
Les émotions, attitudes, sentiments des protagonistes ont été particulièrement bien décrites, ce qui m'a permit de m'intégrer amplement dans ce récit.
La fin reste cependant troublante, parlante, on ne s'y attend pas et pourtant on était prévenu depuis les premières pages. Elle m'a fait lâcher une larmichette, parce que j'aurais voulu que Sandrine se batte, montre qu'elle est plus forte, mais des fois, souvent, la force ne suffit plus.
Ce roman est fait pour un public averti : nous abordons plusieurs sujets sensible comme le suicide, les violences psychologiques, la manipulation, l'isolement. Mais c'est un roman à lire à toutes femmes, et hommes, pour le message, pour l'hommage à Sandrine, pour l'écriture.
Merci à Hélène pour sa confiance, son honnêteté, sa patience et son humanité. Merci de contribuer au changement de regard des personnes à travers son livre.


![Dystop[IA] par Tony Renard](https://static.wixstatic.com/media/ce09e6_ff182c60029a4a1ea0899a51664f6b54~mv2.png/v1/fill/w_512,h_512,al_c,q_85,enc_avif,quality_auto/ce09e6_ff182c60029a4a1ea0899a51664f6b54~mv2.png)

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